mercredi 24 avril 2019

Maternelle 4 ans : Le Conseil central du Bas-Saint-Laurent-CSN dénonce la façon de faire du gouvernement Legault de chercher à déshabiller Pierre pour habiller Paul

(Rimouski, le 23 avril 2019) - C’est avec stupéfaction que la présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent-CSN (CCBSL-CSN), Nancy Legendre, a appris la directive de la sous-ministre à l’éducation faite aux commissions scolaires de contacter les parents bénéficiant de place en CPE afin de les inciter à inscrire leurs petits à la maternelle 4 ans.

Pour Nancy Legendre, c’est honteux et inconcevable de la part d’un gouvernement de chercher à imposer une vision idéologique que personne ne veut, dans le seul but de permettre à monsieur Legault de dire: « vous voyez, ça marche, c’est une bonne idée ». Ce à quoi madame Legendre répond : « vous avez tout faux, monsieur Legault ».

Rappelons que pas plus tard qu’au début avril, Radio Canada titrait un de ses articles de la façon suivante : Pas de ruée vers les maternelles 4 ans. Dans cet article, la Société d’État rapportait qu’un peu partout au Québec les périodes d’inscriptions ont dû être prolongées et que la situation est pire au Bas-Saint-Laurent. Le journaliste donne en exemple la Commission scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup dont sur les 24 classes initialement prévues, seulement 11 seront en mesure d’ouvrir et moins de la moitié de celle-ci seront près du maximum permis.

Au même moment, TVA nous apprenait que la situation n’est pas mieux pour le reste de la région. En effet, il semble que même les maternelles 5 ans seraient en danger dans certaines municipalités, et que de faire des classes multiniveaux serait envisagé. Pendant ce temps, les services de garde subventionnés (CPE et RSG) se font marauder leur clientèle sous une directive ministérielle.

De son côté, la présidente du Syndicat des responsables de service de garde en milieu familial de la région de Rimouski (CSN), Caroline Fournier, se demande de quel droit le gouvernement caquiste se permet de jouer avec le gagne-pain de centaines d’éducatrices et de RSG. « Promesses électorales tant que vous voudrez, promises à qui, et surtout réclamées par qui? Voilà une question à laquelle monsieur Legault devrait répondre », dit-elle en terminant.

Pour sa part, Nancy Bourque, présidente du Syndicat des employées des Centres de la petite enfance de la MRC de Rivière-du-Loup (CSN), se dit trahie par le gouvernement Legault. Pour elle, se cacher derrière un supposé devoir d’information pour se justifier de sa directive de contacter des parents même si les enfants sont actuellement inscrits en service de garde, c’est prendre la population pour des cruches. C’est comme si les médias ne faisaient pas leur travail. Le gouvernement ne nous appelle pas pour nous indiquer les crédits d’impôt auxquels on a droit, on n’est pas dupe et on ne se laissera pas faire.

« Même le docteur Jean-François Chicoine, pédiatre renommé de Sainte-Justine, ne pense pas que la maternelle 4 ans est une bonne idée pour les enfants. Monsieur Legault va-t-il finir par abandonner sa lubie et entendre raison ? Nous y verrons », de déclarer Nancy Legendre.

À propos
Le Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CSN) regroupe plus de 8 500 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de 96 syndicats. La CSN compte quant à elle plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

jeudi 14 mars 2019

Assurance-emploi : la CSN occupe les bureaux de Service Canada

(Montréal, le 13 mars 2019) - Malgré une occupation du bureau de Justin Trudeau pendant neuf heures le 30 janvier dernier, Ottawa persiste à maintenir une mécanique de l'assurance-emploi qui génère de la pauvreté, qui dévitalise les localités éloignées qui vivent d'industries saisonnières. Une manifestation organisée par la CSN s'est tenue aujourd'hui dans les bureaux de Service Canada au Complexe Guy-Favreau, à Montréal, pour tenter de faire entendre la voix des régions au premier ministre.

« Pourquoi le gouvernement Trudeau s'obstine-t-il à maintenir une mécanique d'assurance-emploi héritée du gouvernement précédent, alors que la caisse de l'assurance-emploi déborde? », s'interroge Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Ce dernier demande au gouvernement, qui dit vouloir lutter contre la pauvreté et prévoit même un projet de loi sur ce sujet, de réformer en profondeur le système d'assurance-emploi actuel.

Les règles actuelles engendrent une fin des prestations, le trou noir, auprès des chômeuses et des chômeurs. Ces derniers font pourtant partie des moins bien nantis de notre société et on ne devrait pas les appauvrir encore plus. « Le prochain budget fédéral sera une bonne occasion pour le gouvernement de montrer qu'il est sérieux dans sa démarche et veut vraiment améliorer le sort des Canadiennes et des Canadiens qui sont au bas de l'échelle », ajoute Jean Lacharité.


Le trou noir persiste
Les solutions proposées dans le budget fédéral de l'an dernier ne corrigent pas le problème du « trou noir » qui plonge des milliers de familles dans la pauvreté. La formation ou les autres mesures proposées dans ce budget sont temporaires et incomplètes. Le nombre de semaines sans prestation d'assurance-emploi (trou noir) continue de croître en raison d'anciennes réformes du programme et du fait que le taux de chômage est plus bas dans l'ensemble des grandes régions qui servent de référence pour fixer le nombre de semaines de couverture. Les localités éloignées avec un taux de chômage plus élevé se trouvent défavorisées par ce calcul.

Ottawa doit entendre les régions
« Il faut cesser de vider les régions éloignées. Envoyer des travailleuses et des travailleurs de l'extérieur qui repartent de la région une fois le travail terminé n'assure pas la vitalité du territoire », soutient Jean Lacharité.

Bien que le problème du trou noir n'affecte pas les grandes villes comme Montréal ou Ottawa, les élu-es au fédéral doivent répondre à l'appel des régions et se prononcer sur leur volonté de réformer en profondeur les règles de l'assurance-emploi afin d'éviter le plus possible de multiplier les semaines sans aucun revenu pour les travailleuses et les travailleurs de l'industrie saisonnière en région éloignée.

À propos
Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.

mardi 12 mars 2019

UNE NOUVELLE CONVENTION COLLECTIVE CHEZ BÉTON PROVINCIAL DE MATANE

(Matane, le 11 mars 2019) C’est le 8 mars, à Matane, que les quelque 65 salariés membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du béton du Bas-Saint-Laurent-CSN ont entériné à 79 % l’entente de principe pour le renouvellement de leur convention collective. Ils ont donné leur aval à la nouvelle convention, conditionnellement à une entente concernant le protocole de retour au travail.

La nouvelle convention se terminant en 2024 apporte plusieurs bonifications des conditions de travail et des majorations annuelles de salaire incluant une clause de protection concernant l’IPC pour les deux dernières années. De plus, au chapitre des améliorations, on retrouve : le droit à la convention pour les salariés à l’essai, une bonification des droits syndicaux, de la procédure de grief, des mouvements de main d’œuvre et affichages de postes, du temps supplémentaire, des congés de maladie et obligations familiales, des congés mobiles, des primes et finalement des allocations pour habillement et équipements de sécurité. La rétroactivité salariale s’étendra jusqu’au 1er janvier 2018 et un bonus de signature sera versé à chacun des salariés.

Rappelons que les travailleurs de Béton Provincial de Matane ont été mis en lockout le 17 octobre 2018 par l’employeur. Le syndicat se réjouit que la solidarité démontrée par les travailleurs de l’usine, tout comme celle des syndicats membres de la CSN, ait convaincu l’employeur de négocier de bonne foi. Les changements apportés au comité patronal de négociation et à la direction de l’usine sont porteurs d’un renouveau qui sera bienvenu pour la suite des choses. Les travailleurs peuvent se réjouir d’avoir gagné le respect.

Maintenant qu’ils ont une convention collective négociée, les travailleurs ont bien l’intention de continuer à s’impliquer notamment au chapitre des relations avec l’employeur et particulièrement en ce qui a trait à la santé et la sécurité au travail. Le syndicat souhaite contribuer à trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre et assurer ainsi la rétention du personnel afin de faire de Béton provincial un milieu attractif pour les chercheurs d’emploi.

Pour le président du syndicat, Tommy Thibeault, les membres peuvent garder la tête haute et se féliciter de la solidarité exprimée par tous pendant toute la négociation. « Il est maintenant temps de tourner la page et de remercier les syndicats CSN pour leur démonstration de solidarité », de déclarer le président en terminant.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du béton du Bas-Saint-Laurent-CSN est affilié au Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CSN) qui regroupe plus de 8 500 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de 96 syndicats. Il est aussi affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM- CSN) qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de quelque 320 syndicats et provenant de toutes les régions du Québec.

jeudi 14 février 2019

La CSN lance sa campagne Vous êtes les services publics. Merci dans le Bas-Saint-Lauren


(Rimouski le 14 février 2019) - À l’occasion de la Saint-Valentin, des organisations affiliées à la CSN ont lancé le volet régional de la campagne Vous êtes les services publics. Merci afin de rendre hommage aux femmes et aux hommes qui travaillent en éducation, dans la santé et les services sociaux ainsi que dans les organismes gouvernementaux. Ces organisations de la CSN ont donc participé à l’opération de distribution de cœurs en chocolat pour aller à la rencontre des travailleuses et travailleurs de la région et de pouvoir leur dire merci de vive voix. « Nous souhaitons rappeler, par notre campagne, que ce sont les tâches accomplies au quotidien par les travailleuses et les travailleurs des services publics qui permettent à ceux-ci d’exister. Dans un contexte où le secteur public a fait l’objet d’importantes compressions budgétaires et où la pénurie de main-d’œuvre est de plus en plus criante, la prestation des services publics n’est pas aisée. Il n’est donc pas exagéré de dire que les travailleuses et travailleurs font tous les jours de véritables petits miracles », a souligné Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent.

Des impacts concrets sur la vie des gens
« Le personnel de soutien dans les écoles, les cégeps et dans certains organismes gouvernementaux comme la Société des traversiers du Québec, la Régie des installations olympiques ou l’Aide juridique travaille souvent dans l’ombre. Pourtant, ce travail est essentiel, car c’est nous qui faisons fonctionner le réseau de l’éducation et les organismes gouvernementaux de l’intérieur, sans que les gens s’en aperçoivent. C’est pour cela que nous voulons remercier ces personnes qui s’acharnent à assurer l’accessibilité et la qualité des services publics, et contribuent à la réussite éducative sans avoir la gratification qu’elles méritent », a souligné Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés des services publics-CSN .

La présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec, Caroline Quesnel a, pour sa part, fait valoir la richesse de l’engagement des enseignantes et enseignants dans le réseau collégial : « Les profs de cégep contribuent chaque jour à former nos jeunes, ils forgent leur sens critique et les outillent durablement pour les études universitaires et la vie professionnelle. Leur dévouement et leur créativité rendent vivants les murs de nos établissements d’enseignement supérieur qui, plus que des lieux de formation, se transforment en de véritables milieux de vie préparant les jeunes à devenir des citoyennes et des citoyens à part entière dans toutes les régions du Québec. »

Malgré les compressions, ils tiennent le cap
« Il y a des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs dans le réseau de la santé et des services sociaux, a pour sa part rappelé le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley. Or, on entend souvent des politiciens parler de compressions budgétaires sans toucher aux services. C’est impossible ! La population ne voit peut-être pas la différence immédiatement quand on coupe un poste dans l’ombre, mais inévitablement, cela se traduit par l’alourdissement de la charge de travail pour tous les autres, par l’allongement des files d’attente, par une perte d’efficience dans le réseau. »

« En santé et services sociaux, tout comme dans des organismes gouvernementaux tels que la Commission des droits de la personne et de la jeunesse et la Régie des installations olympiques, des personnes accomplissent un travail décisif, même si elles ne sont pas toujours en contact direct avec la population. Parfois même, leur travail peut être crucial pour la vie d’une personne. Malgré les réformes et les compressions budgétaires à répétition, elles continuent du mieux qu’elles peuvent à donner des services de qualité avec le plus grand professionnalisme. Et elles y parviennent. Elles méritent notre plus grande reconnaissance », a conclu la présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Ginette Langlois.

Les travailleurs de Structures G.B. ltée de Rimouski changent de syndicat

(Rimouski, le 12 février 2019) - À l’issue d’un vote décrété par le Tribunal administratif du travail (TAT) tenu le mardi 5 février dernier, la cinquantaine de salariés de l’entreprise rimouskoise a très majoritairement choisi la CSN pour les représenter et pour négocier leur prochaine convention collective.

Auparavant membres d’un syndicat FTQ, c’est le 7 février que le TAT a révoqué l’accréditation jusque-là détenue par les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce, section locale 500 (TUAC) et a accrédité le Syndicat des travailleurs de Structures GB - CSN.

Les principales raisons qui ont guidé ce choix quasi unanime des salariés sont la proximité et la qualité des services offerts par la CSN. De plus, l’autonomie complète du syndicat local a aussi joué un grand rôle dans leur décision.

Pour ces travailleurs, il était devenu primordial de pouvoir contrôler l’ensemble des décisions concernant le fonctionnement de leur syndicat. La capacité de décider de leurs structures syndicales, du choix de leurs représentants, de la convention collective, du dépôt ou non de griefs, bref de leur avenir, était devenue un choix incontournable.

À propos
Le Syndicat des travailleurs de Structures GB - CSN est affilié au Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CSN) qui regroupe plus de 8 500 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de 96 syndicats. Il est aussi affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de quelque 320 syndicats et provenant de toutes les régions du Québec.

lundi 4 février 2019

Traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout - La CSN sollicite le soutien de la population

(Matane, le 4 février 2019) – Face à la crise que doivent gérer les membres du Syndicat des employé-es de la traverse de Matane–Baie-Comeau–Godbout–CSN (SETMBCG), depuis le 17 décembre 2018, la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, le Conseil central du Bas-Saint-Laurent–CSN et le Conseil central Côte-Nord–CSN sollicitent le soutien de la population en appui au travail difficile que ces salarié-es doivent accomplir.

« Tous les employé-es de notre unité, les réguliers, les temporaires, sur appel et même des retraité-es ont mis l'épaule à la roue depuis la mise à l’arrêt du F.-A. Gauthier, de déclarer Mélanie Ouellet, présidente du SETMBCG. En plus des trois traversiers impliqués depuis un mois et demi, nous devons gérer tous les vols, ce qui ne fait habituellement pas partie de nos tâches. À tous les jours, nous sommes très bien placés pour comprendre toute la frustration et les inconvénients que la situation cause à notre clientèle. Nous pouvons toutefois compter sur l’appui et le soutien de notre employeur ».

« Nous désirons exprimer tout notre soutien et toute notre solidarité aux travailleuses et travailleurs qui doivent gérer cette crise à bout de bras avec tout le professionnalisme dont elles et ils font toujours preuve. En ce sens, nous sollicitons un appui bienveillant de la population à leur égard », de souligner Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN.

Au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, toutes et tous reconnaissent l’importance de cette traverse, et ce, autant pour les déplacements personnels que pour le transport.

« Nous saluons le travail remarquable qui a été accompli par ces femmes et ces hommes depuis le tout début de cette difficile saga. Nous souhaitons vivement un retour à la normale, qui fera un grand bien à ces salarié-es ainsi qu’à leur famille », de renchérir Pauline Bélanger, secrétaire-trésorière du Conseil central du Bas-Saint-Laurent–CSN.

« En temps normal, quand tout va bien, les gens ne remarquent généralement pas toute l’importance du travail effectué par les salarié-es affectés à la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout. Aujourd’hui, nous demandons à nos concitoyennes et nos concitoyens de joindre nos voix et de manifester leur appui en ces temps difficiles », de conclure Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord–CSN.

Le Syndicat des employé-es de la traverse de Matane–Baie-Comeau–Godbout–CSN regroupe environ 50 salarié-es. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, qui compte plus de 425 syndicats représentant environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central du Bas-Saint-Laurent–CSN regroupe plus de 8 500 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de 96 syndicats. Le Conseil central Côte-Nord–CSN regroupe plus de 50 syndicats représentant sur une base régionale plus de 5500 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

jeudi 31 janvier 2019

Le trou noir de l'assurance-emploi - Ottawa doit cesser d'aggraver la pénurie de main-d'oeuvre

(Montréal, 30 janv. 2019) - Les règles de l'assurance-emploi accélèrent la dévitalisation de petites localités en région, ce qui rend très difficile l'embauche de personnel pour plusieurs PME issues de secteurs saisonniers comme le tourisme, la pêche ou la foresterie.

La baisse générale du taux de chômage d'une région provoque en effet la baisse automatique du nombre de semaines de prestation d'assurance-emploi et fait augmenter le nombre d'heures travaillées pour se qualifier. Ce dispositif fait en sorte que de plus en plus de travailleuses et de travailleurs saisonniers voient augmenter leur nombre de semaines sans aucun revenu. En ce moment, ce « trou noir » sans revenu oscille entre 5 et 18 semaines et plonge de plus en plus de familles dans la pauvreté.

« C'est invivable pour des milliers de travailleuses, de travailleurs et leurs familles. Plusieurs décident de déménager en zone urbaine. Cet exode complique ensuite sérieusement l'embauche pour les emplois saisonniers dans leur localité d'origine », explique Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord–CSN.

« Il serait pourtant facile d'éviter cet effet pervers du resserrement des critères de l'assurance-emploi puisque la baisse générale du taux de chômage au pays fait en sorte qu'on ne manque pas d'argent dans la caisse », affirme Anatole Chiasson, président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN (CCGIM–CSN).

« L'assurance-emploi ne devrait pas contribuer à dévitaliser des villages. Pourtant, c'est l'effet de la mécanique actuelle qui ne tient pas compte des réalités parfois très différentes à l'intérieur d'une même région », indique Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN).

Manque d'écoute du gouvernement Trudeau
Le bureau du premier ministre Trudeau a refusé de nous recevoir. Comme le ministre Jean-Yves Duclos n'a pas proposé de solution au trou noir jusqu'à maintenant, nous avons donc décidé d'occuper le bureau de Justin Trudeau aujourd'hui pour lancer un message clair.

« La CSN s'attend à ce que tous les partis fédéraux se prononcent sur la nécessaire réforme de l'assurance-emploi. Ce sera une de nos priorités en cette année électorale », a lancé Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

« Ottawa doit enfin entendre notre cause et démontrer son intérêt pour faire diminuer la pauvreté dans toutes les régions du Québec et du Canada », martèle Patrice Benoît, trésorier du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), qui demande dès cette année une refonte en profondeur de la mécanique de l'assurance-emploi pour assurer une couverture adaptée à toutes les communautés du pays. Le gouvernement Trudeau a déposé un projet de loi pour combattre la pauvreté en novembre dernier, il doit maintenant démontrer qu'il entend passer du discours à l'action dans un dossier concret comme celui de l'assurance-emploi.

Rappelons que le trou noir est apparu depuis le redécoupage des régions de référence de l'assurance-emploi en l'an 2000. Le phénomène est maintenant aggravé par la baisse des taux de chômage dans ces très grandes régions de référence, ce qui cache cependant des réalités fort différentes dans certaines parties de régions. « Le découpage actuel des régions ne permet pas de bien refléter les différentes réalités de l'emploi. Les gens quittent la région et nous avons un record de dévitalisation », conclut Line Sirois, coordonnatrice d'Action-Chômage Côte-Nord.

À propos 
Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.