mardi 14 février 2012

Travailleurs sylvicoles - Début de la deuxième négociation coordonnée

Quelque 500 travailleurs sylvicoles représentés par le Syndicat national de la sylviculture (SNS–CSN) et regroupés au sein de huit sections, entreprennent ces jours-ci leur 2e négociation coordonnée. On les retrouve en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord. En uniformisant leurs conditions de travail et en augmentant leur force syndicale, ils comptent améliorer leur sort, qui est loin d’être enviable.

Leurs principales demandes syndicales sont pour le moins raisonnables et légitimes. Ils revendiquent un travail rémunéré à l’heure ainsi qu’un dédommagement pour leur transport et leur équipement. Présentement, ils sont les seuls ouvriers de l’industrie des produits forestiers à travailler à forfait, ce qui a pour effet d’augmenter considérablement les accidents de travail. Puis ils doivent défrayer eux-mêmes leurs coûts de transport et de leurs équipements, y compris l’essence pour leurs outils de travail, ce qui gruge fortement leur
revenu.

L’objectif avoué des travailleurs sylvicoles est de conclure le renouvellement des conventions collectives pour l’ouverture des camps de travail, qui a lieu habituellement entre la mi-mai et la mi-juin.

Lors de la première ronde, qui avait débuté en 2008 et pris fin le 31 décembre dernier, ils avaient réussi à obtenir des gains non négligeables, entre autres : reconnaissance de l’ancienneté, équipements de sécurité fournis ou remboursés, encadrement lors de l’embauche de nouveaux travailleurs, comité de santé et de sécurité, augmentation des pourcentages payés pour les vacances, congés sociaux.

Cependant, il reste encore beaucoup de rattrapage à faire, compte tenu des pitoyables conditions que ces travailleurs devaient vivre avant le début de leur syndicalisation par la CSN, en 1999.

Des travailleurs indispensables


Le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), Alain Lampron, à laquelle est affilié le SNS–CSN, insiste sur l’apport indispensable des travailleurs sylvicoles à la régénération de nos forêts. « Ce sont eux qui aménagent, protègent et restaurent nos forêts. C’est grâce à eux si cette importante et précieuse ressource peut survivre, malgré le fait qu’elle ait été si malmenée.

« Ils doivent travailler dans de pénibles conditions, dans des milieux dépourvus de confort. Ils ont au moins le droit, non seulement à notre respect, mais aussi à des conditions de travail décentes, qui reflètent la reconnaissance de la société à leur égard. »

Quant au président du syndicat, René Martel, il décrit ses compagnons de travail comme des jardiniers de la forêt, des professionnels consciencieux de l’aménagement. Il est convaincu lui aussi que la santé de nos forêts, qui repose en bonne partie entre leurs mains, passe par une reconnaissance tangible de leur métier.

Le SNS–CSN regroupe 800 travailleurs. Cependant, quelques sections ne se prononceront qu’au printemps sur leur adhésion à la négociation coordonnée. Deux autres ne peuvent y adhérer puisqu’elles sont composées de travailleurs d’une scierie et de ceux de la Sopfeu (Société de protection des forêts contre le feu).

Rapport du comité à l’automne

Par ailleurs, le comité portant sur l’amélioration des conditions de travail des ouvriers sylvicoles, qui avait été mis sur pied en 2009 par l’ex-ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, continue ses travaux. Son mandat est notamment d’analyser l’ensemble des conditions de travail applicables au secteur sylvicole et de recommander des mesures réalistes conduisant à leur amélioration. Un rapport final devrait être déposé au ministre l’automne prochain. Notons que le SNS–CSN est le seul syndicat à participer aux travaux.

Les travailleurs sylvicoles sont composés de planteurs d’arbres, de débroussailleurs et d’abatteurs manuels. Durant la saison active, ils travaillent de 12 à 16 heures par jour. Équipés de lourds instruments, ils doivent s’affairer rapidement et manger à toute vitesse pour accumuler un revenu décent et, de ce fait, ils dorment peu. Les accidents de travail sont fréquents. Leur moyenne d’âge dépasse la cinquantaine. En raison de ces conditions, la relève est très difficile à recruter.

La Fédération de l'industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats, partout au Québec. Quant à la CSN, elle représente plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.

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