mardi 5 mai 2015

Plus de 3 000 RSG membres de la CSN en grève le 1er mai pour mettre fin à une injustice

Près de 250 responsables en service de garde (RSG) de la région sont toujours sans entente collective depuis le 1er décembre 2013. Comme 3 000 autres RSG membres de la CSN, elles ont unanimement refusé les offres jugées très appauvrissantes du ministère de la Famille qui tente de leur imposer depuis l’automne dernier ses politiques d’austérité. Elles ont donc déclenché une grève d’une demi-journée ce 1er mai 2015. Les RSG réclament l’équité avec leurs consœurs des centres de la petite enfance afin de corriger une injustice historique à leur égard. Pour Caroline Fournier, présidente du Syndicat des responsables de service de garde en milieu familial de la région de Rimouski, affilié à la CSN, « le ministère fait toujours la sourde oreille à nos demandes d’ordre monétaire. Il poursuit à notre égard une politique de discrimination en refusant de reconnaître l’équité de traitement avec le titre d’emploi comparateur pourtant prévue dans la Loi sur la représentation des RSG, soit l’éducatrice en CPE, échelon 1.

De son côté, Cynthia Desbiens, présidente du syndicat des RSG de la Matapédia, qualifie la situation d’inacceptable, « le gouvernement Couillard préfère la confrontation en rejetant du revers de la main la proposition syndicale de confier le litige à l’arbitrage. Cette disposition est pourtant prévue à la loi que ce même gouvernement libéral a imposée aux RSG avec sa Loi sur la représentation de certaines personnes responsables d'un service de garde en milieu familial et sur le régime de négociation d'une entente collective les concernant .»

Rappelons que les éducatrices en CPE bénéficient de 13 congés supplémentaires payés par rapport à ceux qui sont octroyés aux RSG, ce qui représente un rattrapage de 5 % applicable au 1er décembre 2013. Dans leurs demandes déposées le 13 juin 2014, elles réclament aussi que leur soient versées les mêmes hausses consenties notamment aux travailleuses en CPE et à l’ensemble des 550 000 salarié-es de l’État, soit 2 % au 1er avril 2014 et 1 % au 31 mars 2015. Or, le ministère n’offre qu’un maigre 0,5 % par année pour les deux premières années d’une entente, soit 197 $ brut par année, largement en deçà du coût de la vie.

« Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a déclaré récemment que les RSG avaient négocié et conclu leur entente collective. C’est faux ! », lance Daniel Charette, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN . « Plus de 3 000 d’entre elles sont toujours sans entente. Si les médecins ont réussi à arracher l’équité de traitement avec les médecins du reste du Canada, si les pharmaciens d’hôpitaux ont obtenu la semaine dernière une entente leur donnant droit à des primes salariales variant de 15 à 45 % sur cinq ans, on ne voit pas pourquoi elles seraient traitées de manière différente ! » « C’est pourquoi le Conseil du trésor et la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, vont nous entendre au cours des semaines et des mois à venir. Nous aussi, nous voulons être traitées équitablement », de lancer en cœur les deux présidentes des syndicats de RSG, Caroline Fournier et Cynthia Desbiens.

Pour Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent-CSN, « le refus du gouvernement de traiter correctement les responsables en service de garde en milieu familial est un bel exemple que les femmes sont les premières à être pénalisées par les politiques d’austérité, comme l’a démontré une récente étude de l’IRIS portant sur les impacts néfastes de ces mesures sur les femmes. Des politiques discriminatoires ne sont jamais acceptables et au Conseil central, nous allons tout mettre en œuvre pour qu’elles puissent obtenir ce qui leur est dû et ce qu’elles méritent. Pas question de baisser les bras ! »

À propos des RSG et de la CSN
Plus de 3 000 responsables de service de garde en milieu familial sont membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Celle-ci regroupe plus de 130 000 membres provenant des secteurs public et privé de la santé et des services sociaux. Pour sa part, la CSN est composée de près de 2 000 syndicats regroupant plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

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