jeudi 15 décembre 2016

Santé et services sociaux - Les syndicats CSN du Bas-Saint-Laurent unissent leurs forces

Rivière-du-Loup, le 13 décembre 2016 – Pour faire face à la réorganisation du réseau de la santé et des services sociaux, tous les syndicats CSN du CISSS Bas-Saint-Laurent ont choisi de se regrouper afin de former 4 grands syndicats qui couvriront désormais l’ensemble de la région, selon les différentes catégories d’emploi. Il s’agit en quelque sorte d’une petite révolution dans le monde syndical au Bas-Saint-Laurent visant à assurer une présence syndicale plus forte dans la région et à faire face aux énormes défis qu’imposent les changements de structures imposés par le gouvernement Couillard.

 Rappelons que la réforme Barrette a entraîné la création du CISSS du Bas-Saint-Laurent, fusionnant ainsi l’ensemble des établissements de santé et de services sociaux de la région. Cette situation a forcé tous les syndicats CSN à se regrouper, à mettre leurs énergies en commun et à proposer un nouveau modèle de représentation syndicale pour garantir une réponse rapide à nos membres partout sur le territoire, mais aussi une réponse forte aux chambardements que subit le réseau actuellement. Selon Nancy Legendre, présidente du Conseil central CSN du Bas-St-Laurent, « dans ce contexte, nous devons assurer une présence encore plus soutenue de la CSN sur tout le territoire. Notre implication et notre capacité d’organisation sur une base régionale sont connues de tous. Nous sommes la seule institution capable de rassembler l’ensemble des acteurs sociaux dans la région afin de promouvoir l’importance de maintenir des services publics de qualité. Nous traversons une période difficile dans le réseau et plus que jamais, nous avons besoin d’une CSN forte pour nous opposer aux dérives gouvernementales et aux compressions budgétaires ».

Tel qu’apparu sur des panneaux routiers dans toute la région, le message au gouvernement Couillard est on ne peut plus clair : la CSN souhaite demeurer « Une force incontournable au Bas-Saint-Laurent ». La vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, qui tenait à présenter l’ensemble des nouveaux syndicats créés dans la région, voit dans cette mise en commun des forces syndicales une réponse directe au pari du gouvernement qui est d’affaiblir la CSN, qui est la principale organisation syndicale du réseau (plus de 120 000 membres, uniquement dans le réseau public dont plus de 3 260 dans la région), et par le fait même, l’ensemble du mouvement syndical. « En forçant un vote d’allégeance qui risque de nous diviser à partir du 30 janvier, le gouvernement souhaitait sans doute une CSN moins forte, puisque nous sommes l’organisation qui a dénoncé avec le plus de vigueur les effets pervers de sa réforme, que ce soit au sujet des CLSC, des laboratoires ou des CHSLD. Nous sommes toujours en première ligne pour défendre les services publics et nous opposer à ce qui nous semble trop souvent comme de l’improvisation dans le réseau et nous continuerons de le faire tant que ce sera nécessaire », ajoute-t-elle.

Petite révolution syndicale

La nécessité du contexte a forcé les syndicats à revoir leur façon de faire, estime Karine April, porte-parole du nouveau syndicat CSN des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires. « Nous avons dû être inventifs et nous doter de nouvelles structures pour représenter les gens de partout sur un si grand territoire. Mais nous savons que dans l’ADN de la CSN, il y a une présence soutenue de délégués locaux qui assurent une présence quotidienne sur le terrain, appuyés par des experts en relations de travail. L’autonomie de nos syndicats nous permet de partir avec une longueur d’avance face aux organisations dont les services sont centralisés à Montréal ».

« En quelque sorte, dans le Bas-Saint-Laurent, nous sommes avantagés par ce brassage de structures parce que nous sommes déjà actifs directement sur le terrain et nous connaissons les réalités de tous les milieux, estime Sébastien Sirois, porte-parole du syndicat CSN du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers. Les services sont donnés ici par des gens d’ici. Alors, avec l’expertise régionale que nous avons, la création d’une énorme CISS est un défi de plus, mais un défi que nous allons relever ».

Cette autonomie syndicale permet également la création de quatre unités syndicales qui tiennent compte des différentes réalités. « Chez les techniciens et les professionnels, désormais unis au sein de la Fédération des professionnèles de la CSN, nous avons des spécificités qui nous rassemblent. La mise en commun de nos énergies permettra notamment de mieux défendre nos conditions de pratique et notre autonomie, tout en intervenant sur des problématiques particulières comme l’organisation du travail », souligne Vincent Couture, porte-parole du syndicat régional de professionnels et de techniciens.

À certains égards, cette fusion des syndicats selon leurs professions profitera à tous les membres, estime Sylvie Proulx, porte-parole du syndicat du personnel de bureau et des techniciennes et professionnelles de l’administration affilié à Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). « En regroupant nos services, ça permettra aussi de mettre en commun nos expériences. Nous provenons de milieux différents, mais nous avons des enjeux similaires et surtout, nous partageons les mêmes valeurs. Nous sommes près de nos membres au quotidien, nous sommes à leur écoute et nous ne les laissons jamais tomber! Nous souhaitons que nos membres puissent conserver ce privilège, celui d’avoir un syndicat de proximité, avec des services de qualité offerts par des gens de la région ».

Vote d’allégeance

L’adoption du projet de loi 10, au cœur de la réforme du ministre Barrette, impose donc la tenue d’un vote d’allégeance syndicale qui se tiendra du 30 janvier au 24 février 2017. « Nous devons demander à nos membres de refaire le choix de la CSN, alors que le gouvernement semble compter sur le désir de nouveauté pour affaiblir une organisation quasi centenaire qui a fait ses preuves dans la région. Nous venons ici pour dire que la capacité d’action des syndicats de la région doit rester dans la région. Nos syndicats sont autonomes et doivent le rester parce que ce sont les gens d’ici qui connaissent la réalité d’ici. Notre rôle c’est de les appuyer et de leur offrir toute l’expertise nécessaire à cette fin », souligne Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

La réforme Barrette, chronique d’un échec

La CSN s’est opposée dès le départ à de nombreux pans de la réforme préconisée par le ministre Barrette. Plus d’un an après son entrée en vigueur, plusieurs exemples démontrent les ratés manifestes de celle-ci dans la région. « Que ce soit avec la fusion des laboratoires médicaux, le transfert imposé du personnel vers les GMF ou les problèmes vécus dans les CHSLD, les exemples s’accumulent pour démontrer l’échec de la réforme Barrette. Si le ministre pense réussir à écarter la CSN pour mieux démanteler notre réseau, il se trompe! Nous continuerons d’intervenir partout pour exiger qu’on applique des solutions qui permettent d’améliorer l’accès aux services de notre réseau pour la population », de conclure Guy Laurion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

À propos de la CSN

La CSN est la plus grande organisation dans le réseau public de la santé et des services sociaux, avec plus 120 000 membres, dont plus de 3 260 dans la région du Bas-Saint-Laurent.

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