lundi 18 décembre 2017

Prestations d’assurance-emploi et trou noir - L’urgence d’agir



Rimouski, le 18 décembre 2017 – La coalition sur l’assurance-emploi du Bas-Saint-Laurent réclame des mesures d’urgence, afin d’éviter que les travailleurs saisonniers se retrouvent sans revenu à l’hiver 2018.

La coalition dont fait partie Action Chômage Kamouraska inc., le Conseil central du Bas-SaintLaurent (CSN) (CCBSL), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) lance un cri d’alarme au gouvernement de Justin Trudeau, afin que soit adoptée dans les plus brefs délais, une mesure d’exception pour la région. La Coalition réclame l’ajout de dix (10) semaines de prestations aux quinze (15) semaines de bases déjà prévues à la loi.

Le taux de chômage actuellement en vigueur au Bas-Saint-Laurent, pour la période du 3 décembre 2017 au 6 janvier 2018 est de 6,7 % ce qui oblige les prestataires à avoir travaillé 665 heures pour recevoir 15 semaines de prestations. À titre d’exemple, un travailleur dont l’emploi est saisonnier et sur une base de 40 heures/semaine travaillera environ 17 semaines pour se qualifier à recevoir 15 semaines de prestations. « Comptez comme vous voulez, cela ne fait que 32 semaines de revenu pour l’année. Il est impensable pour un travailleur de n’avoir aucun revenu pendant 20 semaines durant l’année », lance Alain Harrisson de la FTQ.

« Des travailleurs ne peuvent pas se qualifier à cause du nombre d’heures trop élevé qui sont demandées. D’autres vont perdre leur chômage et tomber dans le trou noir à la fin de février 2018 », s’insurge à son tour Céline Bonneau du SFPQ.

De son côté, Alain Lagacé d’Action Chômage Kamouraska questionne la validité du taux de chômage actuel de 6,7 %. « Il est anormal que le taux de chômage de notre région soit quasi identique à ceux de la région de Montréal (Mirabel, Laval) à 6,7 %, du Centre-du-Québec (Mauricie, Portneuf, Laurentides) à 6,3 % ainsi que du Saguenay à 6,4 %. Ces régions sont beaucoup plus industrialisées que la nôtre et comptent moins de travailleurs saisonniers. De plus, nous tenons des statistiques depuis 1998 et notre taux de chômage n’est jamais descendu en bas de 8 %. À notre avis, ce qui vient fausser les données du taux de chômage de notre région, c’est l’inclusion de la région de Montmagny et des Etchemins dans les données du Bas-SaintLaurent alors qu’ils ont une réalité différente de la nôtre », soutient monsieur Lagacé.

La précarité économique qu’engendre cette injustice pour tous les travailleurs détenant un emploi saisonnier entraîne de graves répercussions dans notre région, comme l’exode des jeunes. Plusieurs d’entre eux choisissent de quittent notre région pour les grands centres urbains. La présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent, Nancy Legendre, s’inquiète du cercle vicieux économique que cela entraîne pour notre région. «Toute cette précarité a des répercussions sur les commerçants, sur les gens d’affaires et sur toute la communauté. C’est la dévitalisation du territoire qui est en jeu », selon madame Legendre.

La Coalition est au fait que bon nombre d’intervenants ont déjà interpelé des représentants du ministère afin de les sensibiliser à la situation tant sur la Côte-Nord qu’au Bas-Saint-Laurent. Pour sa part, certains membres de la Coalition ont eu l’occasion de discuter avec le sous-ministre monsieur Étienne Viens, sans résultats. Les membres de la Coalition du Bas-Saint-Laurent unissent leurs voix afin de réclamer publiquement une rencontre rapide avec monsieur Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, dans le but d’éviter le drame de la pauvreté extrême à des dizaines familles. L’heure est grave et le temps n’est plus aux discussions futiles, conclut la Coalition.

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